Chronique de mars 2014 OBE

Deux phénomènes plutôt étranges font régulièrement l’objet d’explications ésotériques. Vous les connaissez certainement mieux sous leurs noms de code acronymiques.


L’onirologie (l’étude scientifique du rêve) tente d’en fournir une explication objective. Elle n’est pas la seule, d’ailleurs. D’autres disciplines académiques se penchent avec égal intérêt sur ces mystères… parmi les derniers de la post-modernité.

Commençons, donc, par les OBE : les Out of Body Experiences, autrement dit, les expériences d’ex-corporation ou encore expériences de hors-corps. Ce terme — version scientifique du « voyage astral » (plus paranormal), ou de la notion d’« âme baladeuse » (plus tribale) — fut introduit en 1943, par un certain G. N. M. Tyrrell.

Selon nombre d’onirologues distingués, il s’agirait, en fait, tout simplement, de rêves de dissociation corps/esprit. Rien que des songes, en somme !

Dans de tels « rêves », le sujet a le sentiment que son esprit sort subitement de son enveloppe charnelle, ce qui lui permet — lorsque l’expérience est complète — de contempler son corps de l’extérieur (« autoscopie »). « Je me suis retrouvé en train de flotter sous le plafond de ma chambre, tel un ballon gonflé à l’hélium ! Puis mon corps m’est alors apparu, vu d’en haut, gisant sur le sol » : voilà typiquement le genre de témoignage obtenu en pareilles circonstances.

Lorsqu’ils font leur apparition au cours d’une période du sommeil paradoxal distribué au sein du sommeil orthodoxe (de nuit, le plus souvent, donc), ces rêves de dissociation sont parfaitement banals.

Dans le cas des OBE, cependant, ces songes ne se produisent pas pendant le sommeil, mais bien à l’éveil… C’est pourquoi il est plus juste, alors, de parler d’hallucinations (ou de rêves éveillés, au sens propre du terme) que de rêves.

Et la meilleure hypothèse permettant d’expliquer le surgissement de ces rêves éveillés est l’immixtion d’une période de sommeil paradoxal dans l’éveil.

Cette situation, bien qu’anormale (elle est d’ailleurs spécifique d’un trouble parfois assez spectaculaire : la narcolepsie), n’est ni rare ni même d’emblée pathologique. On la retrouve, notamment (dans sa forme inversée, toutefois : l’immixtion d’éveil dans le sommeil paradoxal), dans une condition assez fréquente (et le plus souvent bénigne, quoique fort anxiogène) — régulièrement associée à des « paralysies du sommeil » (une impossibilité à bouger les membres lors d’un semi-éveil) — : les hallucinations du sommeil. Notons que ces dernières sont totalement distinctes des hallucinations hypnagogiques (lesquelles sont liées à l’endormissement) et hypnopompiques (liées, quant à elles, au réveil), ces dernières, extrêmement banales, étant liées au problème de transition éveil-sommeil et non à celui d’enchevêtrement REM-éveil.

Par ailleurs, cette situation apparaît fréquemment dans des contextes où la vie est menacée (accident de la route, AVC, infarctus du myocarde, etc.), en particulier lorsque le cerveau est touché. Elle serait alors le lot de 10 % des survivants.

Sur un plan neuro-anatomique, enfin, ces rêves traduisent la stimulation spécifique — liée, semble-t-il, à la survenue de sommeil paradoxal à l’éveil — du gyrus angulaire, une petite structure du lobe pariétal inférieur du cerveau, responsable, en toute bonne logique, du sentiment d’intégration du Soi et du corps.


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